06 66 38 01 39
formation@plateforme-competences.com

Budget 2026 : CPF plafonné et suppression de l’aide au permis pour les apprentis

Accélérateur de carrière

Ce que change l’adoption du projet de loi de finances pour la formation professionnelle

Le rejet, le 27 janvier 2026, des motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu ouvre la voie à l’adoption définitive du budget de l’État pour 2026 par l’Assemblée nationale.
Si ce texte budgétaire marque une étape importante pour les finances publiques, il suscite également de vives réactions dans le champ de la formation professionnelle, en particulier autour de deux mesures clés : le plafonnement du Compte personnel de formation (CPF) et la suppression de l’aide au permis de conduire pour les apprentis.


Un CPF de plus en plus encadré

La liberté laissée aux individus dans l’utilisation de leur CPF continue de se restreindre. Après l’instauration, au printemps 2024, d’un ticket modérateur obligatoire – fixé à 103,20 € en 2026 – le gouvernement franchit une nouvelle étape avec le plafonnement du recours au CPF.

Désormais, des plafonds financiers seront définis action par action, indépendamment du montant disponible sur le compte du titulaire. Cette évolution marque une rupture avec la logique initiale du CPF, pensé comme un droit individuel mobilisable librement tout au long de la vie professionnelle.


Trois types de formations concernés

Trois catégories d’actions sont directement visées par cette mesure, dont les modalités précises seront fixées par décret :

  • les formations menant à une certification inscrite au Répertoire spécifique, à l’exception du socle de connaissances et de compétences professionnelles (CléA) ;
  • les bilans de compétences ;
  • le permis de conduire de catégorie B.

Concernant le permis B, le financement via le CPF sera désormais réservé aux demandeurs d’emploi et aux actifs bénéficiant d’un cofinancement par un tiers (employeur, opérateur de compétences ou Région). Le CPF seul ne suffira donc plus dans la majorité des situations.


Le bilan de compétences maintenu… mais plafonné

Un temps menacé d’exclusion du périmètre du CPF, le bilan de compétences reste finalement éligible. Toutefois, il ne bénéficiera plus d’un financement automatique.

Les conditions exactes d’éligibilité, les situations concernées par le plafonnement et le montant maximal pris en charge seront définis par décret. Selon des informations issues de l’entourage du ministère du Travail, un plafond autour de 1 900 € serait à l’étude.

Cette orientation confirme une évolution de fond : le cofinancement devient progressivement la norme, notamment pour les parcours d’accompagnement approfondis et les formations longues à visée professionnalisante.


Suppression de l’aide au permis pour les apprentis : une mesure controversée

Autre disposition fortement critiquée : la suppression de l’aide forfaitaire de 500 € destinée au financement du permis de conduire des apprentis majeurs. Jusqu’ici financée par France compétences, cette aide constituait un levier essentiel d’accès à la mobilité pour de nombreux jeunes en alternance.

Pour justifier cette suppression, le gouvernement évoque :

  • des effets d’aubaine,
  • une rupture d’égalité entre étudiants,
  • et un chevauchement avec d’autres dispositifs existants (permis à 1 €, CPF, aides locales).

Des arguments vivement contestés par l’Association des apprentis de France (Anaf), qui estime la mesure particulièrement pénalisante pour des apprentis contraints d’effectuer des déplacements réguliers entre leur centre de formation et leur entreprise, souvent situés loin l’un de l’autre.


Une adoption imminente du budget

Le 28 janvier 2026, la majorité sénatoriale a déposé une motion de rejet préalable du projet de loi de finances en commission des Finances. Le texte doit être examiné en nouvelle lecture, ouvrant la voie à une adoption définitive du budget dès le début de la semaine suivante.


Ce qu’il faut retenir

👉 Le budget 2026 confirme un resserrement durable des financements de la formation.
👉 Le CPF évolue vers un outil complémentaire, et non plus central, nécessitant de plus en plus de cofinancements.
👉 Les apprentis voient disparaître un soutien clé à leur mobilité, malgré des besoins concrets sur le terrain.

Dans ce contexte, l’ingénierie financière, l’accompagnement individualisé et la capacité à mobiliser des financements croisés deviennent plus que jamais des enjeux stratégiques pour les professionnels de la formation… et pour les bénéficiaires

Laisser un commentaire